Traçabilité : l’origine France comme un avantage

La viande de cheval est restée en travers de la gorge de nombreux Européens. Il y a trois ans, éclatait cette sombre tricherie sur des plats industriels de la marque Findus. Ce qu’on a alors appelé une crise alimentaire était une banale affaire de tromperie sur la marchandise qui touchait, cette fois, non pas le secteur des vêtements, des voitures, des jouets ou des parfums, de la banque mais de la viande.

FindusLes mangeurs attendent toujours une plus grande traçabilité de la viande que nombre d’industriels rechignent à indiquer : un quart des produits à base de poulet, 43% des produits à base de porc et 70% de ceux comportant du boeuf mentionnent le pays d’origine. A 93%, il est indiqué : France. Selon le Parisien (1), certaines marques comme Le Gaulois, Marie, Charal ou encore Findus sont vertueuses alors que les marques du snacking ne communiquent pas. Intermarché étiquette trois fois plus l’origine que Leader Price ou Casino.

La question du surcoût est mise en avant. Mais de l’aveu de l’Ania (association nationale des industries alimentaires, regroupant la majorité des fédérations de cette industrie qui se targue d’être la première en chiffres d’affaires en France, avec 157 Mds d’euros et près de 500 000 salariés), on y voit surtout l’occasion de faire pièce à la concurrence. Origine France serait plutôt un atout qu’un obstacle ! Chiche, dit-on ! Aidez les entreprises à tracer au lieu de faire jouer les lobbies à Bruxelles.

Le même dossier du Parisien (1) relaie quelques unes des turpitudes de certains moutons noirs de l’industrie qui entachent le travail d’une majorité de la profession oeuvrant à des produits de qualité. Les segments des sandwiches et des saucisses pourrait gagner à communiquer sur l’origine de la charcuterie et de la volaille. Mais la transition dans les mentalités est sans doute plus longue et moins rapide que les crises qui s’abattent régulièrement sur le secteur.

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(1) Le Parisien, 8 février 2016, « Qu’est-ce qui se cache dans ces nuggets et ces saucisses ? », p. 6-7.
(2) C. Brusset, Vous êtes fous d’avaler cela, Flammarion, 2015, 250 p.

Sources des images :
Le cheval et son code barre
Le document géographique du trajet des lasagnes

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