Le réchauffement climatique à toutes les sauces

Voici un bel exemple d’un travail « scientifique » bâclé, sorti de la tête d’un chercheur post-doc, Marco Springmann (photo)marco springmann, dans un programme « Future of Food » (Oxford Martin School) publié par The Lancet qu’on dit « revue prestigieuse ».

On y a apprend qu’en 2050, on comptera 529 000 décès supplémentaires (admirez la précision) dans le monde. Avec le fameux dérèglement climatique (inondations, cyclones…) à l’origine de la baisse des rendements agricoles, l’augmentation du prix des denrées. Mais pire, l’étude va jusqu’à évoquer… l’équilibre nutritionnel ! Le jeune loup qu’est Springmann manie la menace : « Notre étude montre qu’une baisse, même modeste, de la nourriture disponible par personne peut entraîner d’importantes modifications dans l’équilibre des régimes alimentaires et avoir de fortes répercussions sur la santé des gens« . Bigre ! Pour lui, ce sont les fruits et légumes (donc, les vitamines) qui seraient moins disponibles.  Bilan de cette a-vitaminose : 534  000 morts supplémentaires (toujours la précision !) dans le monde en  2050. Le nombre de personnes en insuffisance pondérale, qui présenteront un risque de décès accru, augmentera aussi, nous n’osons, à ce stade, citer ces chiffres présentés comme des vrais mantras.

Climat cuisineLe verre à moitié plein ? Moins de cancers, de maladies cardiovasculaires parce que moins de viande (on évite 29 000 décès) et moins d’obèses (on évite 225 000 morts).

Et la géographie ? Les pays du Pacifique et d’Asie du Sud-Est sont très exposés : l’Inde compterait 136 000 morts et la Chine 248 000 morts. Le clou de l’étude : dans le Pacifique, le recul de l’obésité qui provoque moins de morts lissera les pertes liées aux carences de vitamines. Ces calculs à la petite semaine sont affligeants : car on est obèse lorsqu’on a connu une phase de dénutrition avant d’entrer dans la surconsommation, et parce qu’on est exposé à certains polluants.

On dira : les auteurs signalent les incertitudes de leurs travaux. Alors, à quoi bon publier quand il y a trop d’incertitudes ? Mais il est vrai que tout ce qui touche au climat, même dans l’alimentation, revêt votre discours d’une onction quasi-sacrée. Donc, si vous travaillez sur la consommation d’insectes, sur la diffusion des baguettes pour manger en Amérique latine, sur le thé à la menthe au Maroc et le barszcz en Pologne, pensez bien à une pincée de réchauffement climatique. Et à des chiffres très précis !

 

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