Bordeaux, capitale de la malbouffe en 2017

Derrière le succès de McDo à Bordeaux, il y a un homme d'affaires, qui possède à lui seul plus d'une dizaine d'etablissements

Derrière le succès de McDo à Bordeaux, il y a un homme d’affaires, qui possède à lui seul plus d’une dizaine d’établissements

On a déjà évoqué cette méthode des classements qui met tout en compétition. Et ce n’est pas fini. Car tout va être désormais noté. Votre boulanger, vos restaurants préférés, vos hôtels, vos pharmaciens, les médecins et chirurgiens, les journalistes. Et bien sûr, les villes. Les classements peuvent être aussi des indicateurs pour les politiques, ils relaient des opinions sur telle ou telle pratique. Pour la place de la restauration rapide de chaîne en France, le site my-pharma.info axé sur la santé agrège le nombre de points de ventes, appelés restaurants (mais il y aurait aussi beaucoup de distributeurs à mettre dans les données) dans des grandes villes. Fin 2016, Bordeaux, la capitale bourgeoise de la Nouvelle Aquitaine est couronnée d’or.

Après tout, à Bordeaux, il n’y a que 35 « restaurants » estampillés malbouffe. Mais pour près de 240 000 habitants, le ratio est le plus fort en France. Surtout, ce calcul montre qu’un homme d’affaires posséderait à lui seul près de la moitié des restaurants. Peut-on limiter la liberté d’entreprendre pour faire en sorte que ce type d’établissements soit limité ? La question est posée.

La question est aussi de savoir quoi agréger, car ce que certains nutritionnistes appellent malbouffe pourrait pousser à y mettre les boulangeries et les supérettes qui vendent chaque mois de décembre et janvier des galettes des rois industrielles, toutes surgelées, et dont les qualités nutritionnelles ne sont plus à prouver. Mais pour une fève et une fête pour les enfants…

Autre point, enfin : la question du kebab qui porte, clairement, un aspect géopolitique, voire idéologique. Le site kebab-frites.com compte 7500 points de ventes en France. Pas de surprise : les villes du Nord qui aiment les frites et les associent au gras du kebab sont au top, suivies par des villes plus ouvrières comme Saint-Etienne (capitale du kebab) ou Le Havre. A l’échelle très locale, des quartiers comme celui de la gare d’Angers ou de bien des gares ferroviaires françaises concentrent de fortes densités de kebab, liées à des politiques foncières et des structures familiales particulières.

Mesdames messieurs les maires, faites travailler vos équipes stratégiques !

Gilles Fumey est géographe de l’alimentation, professeur à l’Université Paris Sorbonne ; il est responsable du Pôle Alimentation, risque, santé à l’ISCC (CNRS) et dirige le Food 2.0 LAB.

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