Coca Cola et les petites affaires de Yasser Arafat à Gaza

La guerre en Palestine n’empêche pas le business au contraire. Les patrons de Coca C*** sont fiers d’inaugurer « avec un immense plaisir et une grande fierté« , une usine dans l’enclave palestinienne. Ils s’empressent de préciser qu’elle crée 1200 emplois « indirects ». On savait que des usines créaient des emplois mais on vérifiera surtout le cynisme de ces industriels qui, accusés en Europe de vendre de la junk food, se replient sur des pays en déshérence.

Une affiche qu'on ne verra pas facilement...

Une affiche qu’on ne verra pas facilement…

Le correspondant du Figaro (dont on surveillera désormais la pub à la gloire de Coca C***) en est tout ébaubi d’évoquer ces 18 camions qui vont bientôt sillonner les villes de l’enclave. N’est-ce pas une aubaine dans ce pays sinistré par le blocus et où le chômage de masse ferme l’horizon de tant de familles ? Même les Nations unies sont tombées dans le panneau : « Par-delà son impact sur l’économie locale, réel mais forcément limité, l’implantation d’une marque aussi connue sur ce territoire, contraint à vivre en vase clos, adresse au monde entier un message très puissant, se réjouit Bo Schak, directeur des opérations à l’agence des Nations unies, en charge du 1,2 million de réfugiés établis dans la bande de Gaza (UNRWA). Il me semble d’ailleurs que jamais, depuis le début du blocus en 2007, une multinationale n’avait été représentée ici par une délégation de si haut niveau. » L’ONU enverra juste dans quelques années des représentants de l’OMS qui constateront les dégâts sanitaires sur la population, lanceront des programmes contre l’obésité ou feront étiqueter la publicité par des mentions « Manger bouger… »

Gaza a vu déménager les entreprises occidentales après une série d’attentats en 2003, sans doute liés au Hamas. C’est pourquoi les businessmen palestiniens peu regardants peuvent louer Coca C*** pour son « courage ». En précisant que la firme n’avait rien à voir avec le Hamas. Le correspondant du Figaro a bien relevé que la délégation étrangère avait été acheminée sur le site de l’usine avec une escorte privée pour « éviter tout contact avec les autorités locales ». Courage ?

Sans doute pour se faire pardonner de rendre accro une population vouée à l’obésité, les dirigeants feront financer une usine de dessalement de l’eau de mer alimentant un cap de réfugiés à Maghazi, probablement en sus de leur usine car la nappe phréatique pompée à raison de 30 mètres cube par heure ne va pas tenir longtemps…

Comme dans les Etats-Unis de la prohibition, la population de Gaza vit sous le régime de l’interdiction d’alcool. Produit en Jordanie, la boisson peut être l’objet d’un blocus, comme cela s’est passé entre 2007 et 2010. Pourtant, il a fallu qu’Israël autorise les approvisionnements de fournitures pour monter l’usine et fabriquer les emballages.

Qui précise qu’aucune forme de taxe ne sera payée au Hamas ? Le directeur de l’usine, un certain Yasser Arafat.

 

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