Si vous êtes invités à la Maison blanche…

trumpeatingAP.0« Nous sommes ce que nous mangeons ». Si Hippocrate, à l’origine de cette pensée, a raison, alors, il y a de quoi s’inquiéter de ce qui se passe à la Maison blanche, à Washington. Les Américains sont très sourcilleux quand on leur rappelle la catastrophe culinaire qu’ils ont provoquée de par le monde. Le fast food, la junk food, ce sont eux et non les pays asiatiques qui l’ont inventée. Certes, il y a le Culinary Institute of America et quelques institutions qui gravitent autour permettant aux happy fews de comprendre ce que manger veut dire hors de leur pays. En attendant, en route pour les cuisines de la Maison blanche.

Cristeta+Comerford+ePAXILB4XlRmClémentine Gallot qui a enquêté (Libération) chez Obama avait trouvé des cheeseburgers et du chili à la dinde, chez George W. Bush des sandwichs au fromage grillé, chez Bill Clinton des enchiladas au poulet qu’on comparera aux gaufres que Thomas Jefferson faisait venir de France…  Chargées de la table de Donald Trump, Cristeta Comerford (première Chef à diriger les cuisines de la Maison blanche d’origine asiatique, elle est Phillipino-américaine) et la pâtissière Susie Morrison n’ont pas été surchargées de travail puisque le président a préféré jusqu’à présent accueillir ses hôtes dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.

D’après le New York Times, lors du traditionnel Bal des Gouverneurs (Governors’ Ball), premier grand rendez-vous culinaire de la Maison blanche sous Donald Trump (le 26 février dernier) il y avait au Menu : Saumon de la côte Est avec une salade de pois verts de printemps et oignons sauvages ; suivi d’une entrecote rôtie de Virginie et pour dessert une Tarte à la crème (Boston Cream pie) avec sa glace vanille.

On avait vu le candidat Trump pendant sa campagne avec des pots en carton de KFC et des pilons de poulet frit vantant le Fast food américain. Le personnel du président précise qu’il aime son steack « bien cuit » (well done) mais qu’il « fait attention à sa ligne en buvant du Coca light et en raclant la garniture des pizzas » pour ne pas manger la pâte.

WH gardenComme en Europe, la First Lady a son mot à dire sur les plats. Mais là, pour l’instant, on ne sait rien. Le New York Times rappelle juste qu’avec le Président Roosevelt, on mangeait si mal que les invités s’arrangeaient pour avoir déjeuné avant d’arriver à la Maison blanche. On sait que Michelle Obama avait donné un coup de pouce à l’alimentation de qualité avec le mouvement Chefs move to Schools et le Healthy Hunger Free Kids Act, sans oublier le potager (8500 mètres carrés, une tonne de nourriture par an, dont une part comme le miel ou la camomille pouvaient devenir des cadeaux diplomatiques…).  Quant à Melania Trump, elle a annoncé vouloir garder le fameux potager…  A suivre.

Gilles Fumey est géographe de l’alimentation, professeur à l’université Paris Sorbonne, responsable du Pôle Alimentation, risque, santé à l’ISCC (CNRS) et du Food 2.0 LAB.

Bookmarquez le permalien.

FOOD 2.0 LAB : Articles récents

Les commentaires sont clos.

Bravo, les cuistots migrateurs !

Michelin, étoiles et casseroles

L’industrie aime les lapins à Pâques

Whitewashing : le bon lait de Normandie pour les enfants syriens

Quand McDo attaque la ville de Florence

Kebab, un plat mondialisé dont les Turcs sont fiers

« Lever matin n’est point bonheur. Boire matin est le meilleur » (Rabelais)

Cuisine de l’été – Amertume du concombre. Petite leçon de physiologie végétale.

Gastronomy Valley ?

Se battre contre le Roundup : les pétitions en ligne sont-elles la bonne idée ?