Les Français gastronomes : tous au snacking!

Alors que s’ouvre le Congrès du Snacking à Paris, une enquête réalisée par la chercheuse Marie-Aude Lerin-Joarlette depuis 2014 à partir de déclarations en ligne montre que l’alimentation hors domicile ne cesse de progresser en France. Haro sur le repas gastronomique des Français patrimonialisé, se réjouira depuis le Québec l’historienne Julia Csergo qui rue dans les brancards !

L'harmonie du repas gastronomique des Français classé à l'UNESCO

L’harmonie du repas gastronomique des Français     classé à l’UNESCO….

Les chiffres étant ce qu’ils sont, on vous les transmet : 75¨% des repas se prennent encore à la maison et, même, 92% du petit déjeuner (contrairement à ce qu’on pensait), nous certifie une étude annuelle Kantar World Panel. La même officine qui alerte qu’en 2016, la tendance à manger hors de chez soi aurait augmenté de 10%. Si ces chiffres ne sont pas sortis du chapeau, alors, vive le snacking !

Ce qu’on savait déjà est corroboré par les ordinateurs qui moulinent des réponses : les repas en France se simplifient de plus en plus autour d’un seul plat. Seuls 25% des repas compteraient une entrée. Ce qui a été calculé de manière obsessionnelle pour chiffrer à 10 millions d’unités par semaine cette baisse. Qui touche aussi les desserts : on en aurait perdus en route 8,4 millions depuis 2014. Et le fromage ? Pensé comme un « rituel » dans les études, il tiendrait dans un repas sur dix. Pas de quoi pavoiser !

Progrès notable : l’apéritif avec + 1 million en deux ans. Les snacks représentent, eux, près de 20% de la consommation hors domicile. Ce qui pousse la chercheuse à mettre en avant – sans preuve réelle – le rôle des mobilités et de ce qu’on apprend à l’étranger.

A-t-on besoin de toutes ces usines à chiffres pour certifier ce qu’on constate tous ? On peut mettre en avant mille raisons, parmi lesquelles la médiocre qualité du service et de la nourriture dans de nombreux restaurants, les rythmes sociaux qui changent, les possibilités offertes par l’industrie si fière de ses « innovations » et en quête de « tendances » (très tendancieuses), le peu d’appétit pour la cuisine (hommes ou femmes rentrant du travail et ne cuisinant pas). Et vous, qu’en dites-vous ?

Gilles Fumey est géographe de l’alimentation, professeur des universités et responsable du Pôle Alimentation, risque, santé à l’ISCC (CNRS).

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