Haro sur Haribo !

HariboLes industriels sont incorrigibles. Formant leurs ingénieurs dans des « polytech » ou des écoles de commerce (pardon, des business schools), ils semblent incapables de sortir de leurs bulles. Et semblent se réveiller quand, tout à coup, le feu se déclare dans la boutique. Prenez Haribo, et ses oursons gélifiés. Cette marchandise allemande console tant de monde en France que notre pays gastronome serait le 2e marché du groupe allemand. Le choix de Miramas, dans le Sud de la France, pour la dixième boutique ce mois de mars 2017 (dix ans après Troyes qui signait le débarquement des oursons translucides), complète un autre dispositif de musée du bonbon à Uzès dans le Gard. Haribo y vend aussi beaucoup de mugs, cuillère, tee shirts, serviettes de plages pour faire saliver les amateurs. Et ça salive au siège allemand : en 10 ans, le CA en France a doublé, le résultat a triplé.

Haribo 2 muséeLes Tagada, les Dragibus, les Chamallows, les Ours d’or n’ont pas de secrets. Juste des coûts marketing qui se montent à 25 millions d’euros. Et des coups de flair comme les bonbons piquants. Haribo a 50 ans, mais au moment où les humains songent à la retraite, les entreprises allemandes pensent de manière obsessionnelle à la hausse des ventes. Dans un marché en berne qui ne semble pas gêner Jean-Philippe André, le président du directoire. Et pour que ce soit très social, plus ça se vend, plus on supprime de postes (une centaine prévus). Marseille et Uzès sortent 52 000 tonnes de oursonneries sucrées qui ne suffisent pas, puisque 23 000 tonnes sont importées des pays voisins (Espagne, Italie, Hongrie dont les sites sont moins coûteux).

Comment Haribo « domine » le marché ? En baissant les prix. En misant sur des stars, comme l’Ours d’or qui est plus haut à l’étranger qu’en France. D’où l’acharnement à le faire monter sur le podium du Top 1O.

Voici comment on pense les bonbons dans les entreprises industrielles de confiserie en France. Cochonnons l’alimentation, supprimons les emplois, pérorons avec les politiques sur le vote FN et la « crise » qui a bon dos pour nous dédouaner de notre sale boulot. Ignorons les impacts santé de notre junk food. Et surtout, soyons fiers de notre entreprise citoyenne  qui « préserve » l’emploi. Vivement qu’un bon mistral de taxes répare les dégâts de ces marchands de rêve.

G.F.

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