Manger du poisson. Et l’épuisement des océans ?

Production saumonLe dernier rapport du WWF sur les stocks de poissons en voie d’épuisement en raison de la surpêche est optimiste. Il est encore temps ? Encore temps de ne pas vider les océans. Tous à leurs calculettes, les experts prévoient un besoin de 110 millions de tonnes pour près de 10 milliards d’humains, conformément à ce que recommande l’OMS. Mais Isabelle Autissier qui préside l’ONG précise que la moitié des zones de pêches ne pourra pas nourrir les populations locales.

La bonne nouvelle : on peut gérer correctement les océans sans gaspillage, avec des moratoires sur les espèces menacées. En faisant attention, on pourrait pêcher 137 millions de tonnes, soit 30% de plus qu’aujourd’hui.

En France, avec 35 kg de produits de la mer par an, c’est trois fois ce que recommande l’OMS (11 kg de chair iodée) à comparer avec le Portugal (57 kg, record européen). Parmi les prises, le saumon de l’Atlantique est surpêché, mais pas dans le Pacifique. La dorade rose aussi, mais pas les royales ou grises. Avec l’Appli SeaWeb, on peut faire ses courses de manière durable. La bonite à ventre rayé peut être pêchée sans problème, car elle se reproduit vite, alors que les soles meunières des restaurants venant de Gascogne ou de la Manche sont très menacées (refusez-les sur les cartes des restaurants).

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Chinchard (Trachurus trachurus)

Le meilleur ? Le chinchard, mais en général les poissons herbivores, comme les anchois, les sardines, les harengs qui prolifèrent en se nourrissant de plancton. François Pasteau, chef à l’Epi du Pin (Paris), le recommande vivement. Le pire ? Le saumon qu’on nourrit avec de la chair de sardines et d’anchois réduite en farine et huiles. Et pire, parfois, ces farines sont données à des espèces végétariennes, comme les carpes qui grossissent très vite…

Un peu de volonté pour éviter de vider les océans.

Gilles Fumey est géographe de l’alimentation, professeur à l’Université Paris Sorbonne ; il est responsable du Pôle Alimentation, risque, santé à l’ISCC (CNRS) et directeur du Food 2.0 LAB.

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