« Je me fous d’Amazon qui rachète Whole Foods »

Pour ceux qui ne sauraient pas comment fonctionne le Food 2.0 LAB, voici quelques-unes des réparties échangées entre nous : « Mais je me fous de ce que fait Amazon » et  » de ce que fait Nestlé » dans les rachats d’entreprises. « – Euh…ah bon. Ce sont des acteurs importants…. »

Ainsi va la vie d’un laboratoire. L’un s’intéresse aux cuisines, un autre aux métissages alimentaires, un troisième au business, de préférence planétaire, une autre encore aux comportements des mangeurs, etc… Pourtant, ce que E. Contessa (1), rapporte des Etats-Unis n’est pas rien : des multinationales abandonnent des secteurs de confiserie (mal en point, quoi qu’en dise le chiffre d’affaires) et achètent des participations dans des start-ups (comme Freshly) livrant des repas préparés à domicile.

freshly-9-700x325Freshly ? Une start-up new-yorkaise, née en 2015, qui vend des menus (entre 9 et 12 dollars l’unité) sur abonnement. Dans les menus : des produits frais qui ont évité la case congélation, du sans gluten, des plats bien riches en protéines, bien pauvres en glucides, parfois végétariens. Le tout dans des emballages écologiques. La livraison par FedEx se fait à partir d’un centre de production à Phoenix, en Arizona. Regardez ce que ça donne chez des jeunes Américains.

Freshly est très petite, emploie 400 personnes, mais déjà présente dans plus de 25 Etats américains. Sa levée de fonds est destinée à un nouveau centre de production et de distribution, justement proche de New York et des villes de la mégalopolis.  Quand on prédit une grosse mortalité des restaurants en France, on nous regarde avec des billes… Tremblez, bonnes gens !

Des multinationales comme Nestlé qui débarquent sur ce créneau, ce ne sera pas tout à fait l’éléphant dans un magasin de porcelaine. Mais ça y ressemble… Walmart tremble sur ses bases dans bien des villes américaines. Nestlé n’échappe pas au rétrécissement du marché de la grande distribution de produits industriels et jugés peu sains.

On est déjà dans une étape de concurrence. Des start-ups de livraisons de repas à domicile ont déjà fait faillite en Californie. Et l’hécatombe n’est pas terminée. Les introductions en bourse ralentissent. Un signal ? Whole Foods qui vend du haut de gamme et qui passe sous la garde d’Amazon (pour 14 milliards de dollars), c’est tout un monde qui émerge : celui de la livraison en masse de produits frais en une heure dans des dizaines de villes américaines…

Gilles Fumey


(1) Les Echos, 21 juin 2017

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