Nourritures d’urgence : le cas de l’Afrique sahélienne

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(Cette séance a été reportée à 2016-17)

La dénutrition aigue est un co-facteur décisif dans 30 à 50% des décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde. Au cours des dix dernières années, la réponse médicale à cette pathologie a connu deux changements de paradigmes majeurs : le passage d’un modèle de soins hospitaliers à une prise en charge ambulatoire (2000-2005) et l’émergence de solutions thérapeutique de prévention, primaire et secondaire, de la malnutrition aigue. Impulsé par la médecine humanitaire dans des situation de crise, ce passage d’un modèle “clinique”, centré sur la pathologie individuelle, à un modèle de “santé publique”, orienté sur un lien population-risque, a permis de démultiplier la prise en charge comme la prévention avec des résultats jusqu’alors jamais enregistrés. Sous l’impulsion des ONG et avec le relais des acteurs Onusiens, ce modèle s’est rapidement diffusé devenant un élément de gouvernance de la santé dans la médecine transnationale.

Cette révolution thérapeutique a été autorisée par l’émergence, en 1996, des Aliments Thérapeutiques Prêts à l’Emploi (ATPE) et leur déclinaison, en 2006, sous forme d’Aliments Supplémentés Prêt à l’Emploi (ASPE). Ce sont ces produits, fruits d’un partenariat, en reconfiguration constante, entre recherche publique, industrie et acteurs de la médecine humanitaire dont nous étudions la trajectoire mais aussi les implications médicales et politiques.

Nous considérons ces éléments et leur dynamique comme une composante d’une nouvelle économie de l’innovation médicale et pharmaceutique qui se déploie dans le cadre d’une “nouvelle écologie institutionnelle” de la santé globale et du médicament.

 

Avec Jean-François Caremel, Centre de recherche médecine, sciences, santé, santé mentale, société (Cermes3 UMR 8211, U988) et Laboratoire d’études et de recherche sur les dynamiques sociales et le développement local (Lasdel Niger).

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