Les seniors dans les starts up alimentaires

Kylia Claude et Claudine Déjean

Kylia Claude et Claudine Déjean

A bas la retraite ! Même en France, connue pour son addiction au farniente (mot pourtant italien), les seniors (mot anglo-saxon qui évite d’écrire « vieux ») se mettent aux fourneaux pour transmettre ce qu’ils ont échoué à faire, tant leur vie professionnelle était prenante. C’est du moins ce qu’on croit.

Car les sociologues nous expliquent que le travail féminin est allé de pair avec la perte de la transmission culinaire. Ce qui a valu de beaux chiffres d’affaires aux maisons d’édition et librairies envahies par les publications culinaires. Pourtant, la transmission n’est pas qu’une question de disponibilité. Dans la société française, certains groupes sociaux comme les communautés juives ou chinoises savent transmettre leur capital culinaire. Même s’il se dilue forcément dans la culture ambiante faite de produits industriels prêts-à-manger.

Les start-up donnent aux seniors, donc, l’opportunité d’offrir de quoi connaître leur capital culinaire, mâtiné d’économie sociale et solidaire. C’est à Toulouse que Mamie Régale développe ce lien social. « J’ai toujours aimé cuisiner avec ma grand-mère et lorsque j’ai commencé à travailler, je me suis rendue compte qu’il était difficile de bien se nourrir, notamment dans les zones d’activité »  a expliqué récemment. L’équipe de Mamie Régale compte aussi Coline Déjean qui exploite les vertus de l’économie collaborative, en utilisant les principes de ce qui se fait dans le co-voiturage où tout est simple et duplicable. Et créé des emplois.

Mamie RégaleChez Mamie Régale, on est auto-entrepreneur. On est nommé « toqué » et grosso modo, avec 10 heures de travail, on peut espérer toucher un peu moins de 500 euros. Etre toqué, c’est prendre la responsabilité d’une « cantine », soit environ 50 salariés dans une aire géographique commune. C’est livrer une fois par semaine les repas et approvisionner les mamies en ingrédients.

Imaginez une mamie qui cuisine une fois par semaine pour 8 personnes. C’est 130 euros dans la poche. On crève le plafond du SMIC horaire ! Mais ce n’est pas tout. C’est surtout du lien social qui, par définition, n’a pas de valeur. On peut devenir amis, cuisiner ensemble, connaître d’anciens professionnels qui aiment aussi transmettre leur savoir.

Mamie Régale est un vrai succès. Ses formules plat et dessert à 12 euros, ses produits frais et locaux apportés par La Ruche qui dit oui font rêver les deux fondatrices sur des implantations multiples en France.

 

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