Turin capitale végétarienne, Berlin capitale végane…

Après Dijon qui craint d’être capitale de la malbouffe…  Ainsi prend-on conscience que les villes sont partie prenante de leur alimentation, comme ce fut le cas au XIXe siècle en France, le mouvement contestataire dijonnais est d’autant plus audible qu’on construit, par ailleurs et à grands frais, une Cité de la gastronomie. Tout comme à Paris où les grandes enseignes de la distribution chassent les boutiques à vendre et se livrent une guerre sans merci.

chiara_aTurin donc, berceau de Slow Food depuis 1986, monte en graine avec sa nouvelle maire, appartenant au parti populiste de Bepe Grillo, formée à la Bocconi de Milan, Chiara Appendino, 32 ans, élue largement en juin 2016. Elle ambitionne de faire de Turin « la première ville végétarienne« . Non pas une lubie de bobo élue par erreur dans cet ancien fief communiste, mais un programme politique accepté pour la « promotion de la culture environnementale et d’un style de vie plus durable« ..

Concrètement ? Enseigner la santé et la nutrition, financer des micro-projets pour une alimentation solidaire (jardins urbains, marchés bio collaboratifs), continuer à développer les restaurants végétariens et végans et les commerces de produits bio.

CoNrfoRW8AAIrVYLes critiques fusent : l’Etat ne doit pas être « nourricier », la viande fait partie du patrimoine gastronomique (vitello tonnato, veau à la sauce de thon). Mais la maire veut surtout s’attaquer aux filières industrielles de la viande. On ne peut pas vouloir éviter la souffrance animale et ne rien faire devant le scandale de l’élevage industriel en batterie et des abattoirs qui touche toute l’Europe. N’est-ce pas, Madame Hidalgo ?

 

INTRO-vegan-restaurants-in-berlin-1024x578A Berlin, capitale de la techno et des hipsters, on trouve des bistrots proposant sandwiches et burgers, ainsi que des étalages de ce qui ressemble à des boucheries où les produits sont fabriqués avec du seitan (protéine de blé) et de lupin (légumineuse). Sur Vegan Avenue (de son nom Schivelbeinerstrasse), on est à Prenzlauer Berg, quartier bobo où les enseignes sont toutes vegan : pas d’oeuf, ni de yaourt au lait de vache ou de chèvre, pas de miel, de cuir, de laine. Le véganisme proscrit tout ce qui vient des animaux. Happy Cow, le site qui compte tous les restaurants vegans dans le monde, en recense 60 à Berlin (pour 24 à Paris). La raison, selon l’AFP, de ce succès ? « On y croise aussi nombre de jeunes entrepreneurs de start-ups qui développent de nouvelles tendances. Ensuite, le phénomène fait boule de neige: le vegan attire le vegan et il en vient de plus en plus » qui a interrogé un urbaniste. Comptez près d’un million d’adeptes du véganisme en Allemagne et Berlin en capte 10% ! Et sans compter les 8 millions de végétariens allemands !

berlin-vegan-logo« En termes d’offre, Berlin est presque désormais comparable à New York« , capitale mondiale du genre, selon Moritz Ulrich, professeur de yoga et vegan de la première heure, cité par Libération. On y trouve tout, selon lui, depuis les glaces au soja et jusqu’à la première pizzéria 100% végane d’Europe. Comme à Paris, les enseignes se font la guerre, sans doute pas pour sauver la planète, grince l’AFP. Mais les « flexitariens » (vegans ou végétariens à temps partiel) font réfléchir les jeunes générations d’entrepreneurs qui constatent  « que les gens veulent manger des produits saisonniers et régionaux« .

Pendant ce temps, en France, on couvre le territoire de Cités de la gastronomie qui risquent de moins attirer les nouvelles générations de touristes qu’on ne l’imagine aujourd’hui. Gare au retour de rouleau à pâtisserie !

Gilles Fumey est géographe de l’alimentation et dirige le Food 2.0 LAB avec Richard C. Delerins et Christophe Lavelle.

 

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Nana Schrier, Nanouchka, Tel Aviv

L’un des exemples les plus connus du changement qui s’opère actuellement dans la Ville blanche est celui du très populaire restaurant « Nanouchka ». Sa propriétaire, Nana Shrier, choquée par la façon dont les animaux sont traités dans la production industrielle de viande et de produits laitiers, a décidé de retirer l’an dernier tous les produits d’origine animale du menu – du fromage aux œufs en passant par le poulet et le steak. Le restaurant est devenu entièrement végétalien et les clients continuent d’affluer.

 

 

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