Venise stoppe les fast food que le pape autorise au Vatican

Venise croule sous le poids des touristes et s’excuse à peine de s’en gaver. Elle qui, comme Barcelone, en reçoit plus qu’elle n’en veut, est victime de ce qu’elle a tant désiré : qu’on la regarde, qu’on l’aime, qu’on la jalouse. Du coup, les hordes de barbares agités du smartphone tendu comme Moïse tenait les tables de la Loi à bout de bras (1) vont devoir se nourrir d’autre chose que les nourritures mondialisées, sandwich et soda à la main. Comme à Vérone où les kebabs ne pourront plus se développer et à Florence qui a interdit un fast food devant le Duomo. Tout ce qui s’appelle burger, kebab accolés à la pizza industrielle va refluer comme la vague de la Mer Rouge devant les Hébreux. Piazza Santa Magherita, ce ne sera plus possible de s’empiffrer de pizza. Et dans le quartier San Paulo, Aqua & Mais, le meilleur de la nourriture de rue avec la polenta et son bonnet de fritto misto (une friture de poissons dans un cornet, voir photo) va sans doute disparaître.

Une première ? La police vénitienne va interdire de manger à l’extérieur, notamment sur la Piazza San Marco. Il faudra demander une table.

McDo VatPendant ce temps, à Rome, dans l’Etat du Vatican où l’on ne fait rien comme ailleurs, le pape autorise l’installation d’un McDo. La sainte communion à la nourriture industrielle se fera sous les trois espèces : frite, coca et big Mac. C’est à pleurer de lire François dans une encyclique violemment anti-malbouffe et le voir autoriser la firme symbole de cette production industrielle, boutique sobre façade, lettres dorées et stores blancs comme sa soutane. Un immeuble qui est aussi une résidence pour les cardinaux ! Va-t-on les voir bouder les artichauts « à la romaine », les pâtes carbonara pour les burgers au poulet dans des sacs papier ?

Les Romains s’étaient mobilisés, déjà excédés par les magasins de bondieuseries et de junk food. Aidés par le cardinal Elio Sgreccia qui a chiffré le montant du loyer, soit 30 000 euros par mois à La Repubblica. D’autres  princes de L’Église se mobilisent comme les Florentins qui se voient assignés au tribunal où les brigands américains osent réclamer 18 millions d’euros de dommages et intérêts à la municipalité de Florence. Au secours, Carlo Petrini, ils sont devenus fous !

Gilles Fumey

 

(1) C’est la trouvaille d’un gamin qui, en imitant ses parents et leur iPad, voulait « faire comme Moïse » qu’il avait sans doute vu dans Les Dix Commandements de Cecil B. de Mille.

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