Une vodka au brouillard de Californie : la FOG

large_hanger1-fog-point-fieldLes Français ont inventé le grand vin dont Roger Dion a raconté la longue histoire. Mais l’excellence ne s’arrête pas en Bourgogne ou en Champagne. En Californie, où rien n’inhibe les créateurs, on fabrique une vodka avec… du brouillard. Non pas comme le champagne qui garde le gaz carbonique dans la bouteille. Mais des bouteilles de vodka, avec tout ce qu’il faut pour faire une vodka, du raisin, de la pomme de terre, du blé…

Dans un région du monde marquée par la sécheresse, on met donc en bouteille l’humidité émise par le brouillard. Les Russes, parmi les champions de la vodka, n’y avaient pas songé. La distillerie Hangar One l’a fait. Elle a voulu saisir cet instant du brouillard du matin pour créer une vodka d’un terroir nouveau.

Dans l’étape suivant ce petit délire d’après pinot noir, on trouve une chef de cave, une association qui avait déjà récolté de l’humidité de brouillard au Chili, mais pour irriguer. Récupérer du brouillard ? En jetant des filets sur la Sutro Tower (à l’ouest de San Francisco), ce qui permet de récupérer des gouttes d’eau. En six mois, le volume peut atteindre de quoi remplir 2400 bouteilles. Filtré, le nectar de brouillard est ensuite bouilli.

Cette Fog Point a donc deux ingrédients : de l’eau et du vin de raisin. Lequel ? Un cépage blanc issu de la biodynamie. Les deux sont élevés à Alameda, petite île posée dans la baie de San Francisco. Et les arômes ? Des notes de citron, de poire et de miel. Et notez, pas de gluten dans cette vodka écologique.

A la caisse, il vous en coûtera 111 euros. Le luxe n’a pas de prix. Tout est parti. Mais certains restaurants la servent au compte-gouttes. On peut demander les adresses à Hangar 1.

Gilles Fumey est géographe de l’alimentation, professeur à l’Université Paris Sorbonne ; il est responsable du Pôle Alimentation, risque, santé à l’ISCC (CNRS) et dirige le Food 2.0 LAB.

 

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