De la souillure – Essai sur les notions de pollution et de tabou

souillure Au XIXe siècle, on distinguait les religions primitives des grandes religions de la planète sous deux aspects. En premier lieu, les religions primitives seraient inspirées par la peur ; en second lieu, elles seraient inextricablement liées aux notions de souillure et d’hygiène : les primitifs étaient, disait-on à l’époque, convaincus que ceux qui par inadvertance traversaient quelque ligne interdite étaient victimes d’effroyables catastrophes.

Mais les anthropologues qui, comme Mary Douglas, ont pénétré plus profondément dans ces cultures primitives ne trouvent pas trace de cette peur. L’hygiène, en revanche, se révèle une excellente piste si nous savons la suivre en profitant des connaissances que nous avons de nos propres sociétés : plus nous connaissons les religions primitives, plus il nous apparaît qu’il y a, dans leurs structures symboliques, une place pour la méditation sur la saleté qui est aussi une réflexion sur le rapport de l’ordre au désordre, de l’être au non-être, de la vie à la mort.

Mary Douglas, anthropologue, a enseigné aux universités de Londres, Columbia, Northwestern et Princeton. Ses travaux d’africaniste lui ont valu la “Memorial Medal du Royal Institute”. Elle a publié une quinzaine d’ouvrages, dont De La souillure (Maspero, 1971 ; La Découverte, 1992, 2002), un des classiques de l’anthropologie, et d’autres titres consacrés à la logique des catégories de pensée (Natural Symbols, 1970 ; Implicit Meanings, 1975), au rapport de nos sociétés au risque (Risk and Culture, avec Aaron Wildavski, 1982) ou à la consommation (The World of Goods, avec Baron Isherwood, 1979).

Commander le livre
Food 2.0 LAB en partenariat avec Amazon

Du même auteur –

               

Bookmarquez le permalien.

FOOD 2.0 LAB : Articles récents

Les commentaires sont clos.

Cuisine de l’été – Manger des huîtres ? Petite leçon d’écologie

Food pairing (2/3) : la “science” des accords mets-vins

Permis de végétaliser (3): la sémiotisation nourricière de nos villes

La Cité du Vin : carrefour et parcours d’interprétation libre

Le réchauffement des océans… dans un verre d’eau !

Végétarisme : entre bonheur et “dissonance cognitive”

La gastrocosmétique de Kentucky Fried Chicken (KFC) : du vernis à ongles à lécher

Parcours gourmands (2): Vers des médiations renouvelées ?

Cuisine française végétarienne : une affaire compliquée ?

Cuisine de l’été – Grillade le midi, grillade le soir : Petite leçon de nutrition